France - Expert: Cécile Pocheau-Lesteven

Ludovic Chemarin©

Kentia

2020, Incertain Sens

ISBN: 9782914291903

https://www.incertain-sens.org

19 €

n.58
n.58


Dos carré cousu collé, 126 p., 24 x 17 cm, 800 ex.

 

En 2005, Ludovic Chemarin décide de mettre fin à sa carrière d’artiste. En 2011, Damien Béguet et P. Nicolas Ledoux se proposent de la réactiver en lui rachetant son nom sous la forme d’une marque et l’intégralité des droits patrimoniaux de son oeuvre. Ludovic Chemarin© voit ainsi légalement le jour comme une personne morale de droit privé et comme la cheville ouvrière d’une fiction artistique conforme aux codes économiques, juridiques et sociaux du monde de l’art. En produisant des oeuvres et des expositions sous cette appellation, Ludovic Chemarin© devient un acteur critique du réseau institutionnel et du marché de l’art, qu’il infiltre pour en interroger les enjeux et en tester les limites. Dès lors, les conditions de la vie et de la mort des oeuvres d’art, l’institution muséale et ses mécanismes, ou encore l’identité et le statut de l’artiste, constituent autant d’axes de recherche d’un projet en perpétuelle autoanalyse. Faire art sans faire de l’art : le programme de Ludovic Chemarin© réactualise la critique du système de l’art engagée par les artistes conceptuels et appropriationnistes de la fin des années 1960 aux années 1980 et dispose, pour ce faire, d’une panoplie d’attributs, d’outils ou d’usages appartenant à l’artiste contemporain générique. Dans cet ensemble, le kentia – appartenant à la famille des palmiers – tient une place privilégiée. Plante fétiche de Ludovic Chemarin©, il est en effet un motif récurrent dans plusieurs de ses productions, un objet d’étude particulier et une affiliation directe avec deux artistes références : Marcel Broodthaers et Philippe Thomas. Cet ouvrage largement illustré, à mi-chemin entre le livre d’artiste, l’essai et le catalogue, entend donc explorer cette réminiscence du kentia sur plusieurs registres : comme une espèce végétale, possédant ses propres caractéristiques ; comme un accessoire, utilisé dans l’aménagement mobilier ou dans les dispositifs d’exposition ; et comme un symbole, nourri par l’histoire de l’art et les oeuvres qu’elle a générées. Le kentia devient alors un archétype ou un nouvel artifice dans le spectacle de l’art : une plante, d’apparence sans qualité, qui divertit et décore les salles d’exposition autant que les tableaux, les foires d’art autant que les installations, les salons des collectionneurs autant que les salles d’attente.

 

Ludovic Chemarin©

En 2005, l’artiste Ludovic Chemarin décide de mettre fin à sa jeune et prometteuse carrière artistique, afin de changer de vie, de passer à autre chose. En 2011, deux artistes, Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux décident de réactiver la production de Ludovic Chemarin et de prolonger sa carrière artistique. Damien Beguet achète alors contractuellement à Ludovic Chemarin l’intégralité de son oeuvre dont il cède 50% des droits patrimoniaux à P. Nicolas Ledoux le jour même. En parallèle, Ludovic Chemarin dépose à l’INPI son nom comme marque : Ludovic Chemarin©, qu’il revend immédiatement aux deux artistes. En 2014, ils demandent à Ludovic Chemarin de poser pour la réalisation du portrait officiel de Ludovic Chemarin© et, en 2015, de produire un dessin avec sa signature pour seul motif. Ils en acquièrent ensuite par contrat de cession les droits de représentation, de reproduction et d’adaptation ; l’exploitation de sa signature devient possible.

http://www.ludovic-chemarin.com/